Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Wes Anderson a obtenu le Grand Prix du Jury du Festival de Berlin avec son nouveau film, The Grand Budapest Hotel. Une comédie burlesque en forme de Cluedo dont la mise en scène virtuose étouffe malheureusement toute vie, toute émotion.

 

 

Affiche-The-Grand-Budapest-Hotel.jpg


 

Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, œuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au cœur de la vieille Europe en pleine mutation.

 

 

 

 

 


Wes Anderson déploie depuis plus de quinze ans un univers excentrique, fait de burlesque, de mélancolie et d'élégance. Après son excellent Darjeeling Limited (lire l'article du 14 avril 2008) et son très acclamé Moonrise Kingdom (lire l'article du 28 mai 2012), le réalisateur américain affirme s'être inspiré de l'œuvre de Stefan Zweig, à qui le film est dédié, pour cette aventure autour du Grand Budapest Hotel, situé "à la frontière la plus orientale de l'Europe" dans un pays imaginaire baptisé Zubrowska, comme la célèbre vodka à l'herbe de bison.

 

La mise en scène est extrêmement soignée, comme d'habitude, avec des formats différents selon les époques : 16/9 classique pour les années 80, anamorphosé pour les années 60 et, pour la plupart du film, un format 4/3 répondant au canon de l'époque où se situe l'intrigue, les années 30. Wes Anderson s'inspire des comédies burlesques des années 20/30 en conservant ce format carré ainsi qu'un cadre fixe dans lequel l'action est en mouvement, ou des panoramiques rapides, décadrant justement l'action. En fin cinéphile, il s'amuse à un exercice de formalisme pur. Mais c'est aussi le handicap du film. Cette obsession de la mise en scène sclérose parfois l'émotion. Son Grand Budapest Hotel représente une époque qui se meurt, incarnée par Monsieur Gustave (Ralph Fiennes), à l'élégance aussi maladive que surannée. Avant que l'ère soviétique ne démantèle l'hôtel pour le transformer en caserne, Wes Anderson filme un monde entre deux guerres, menacé par un fascisme en progression et dont Monsieur Gustave et son lobby boy sans famille nommé Zéro (campé par un débutant prometteur, Tony Revolori) tentent de sauver l'essence, à l'image du parfum "L'air de panache" (en français dans le film). En dépit de scènes burlesques réussies et d'une mise en scène millimétrée, le film fait parfois l'effet d'une (très belle) coquille vide.

 

 

...HB...

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog