Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Après 6 ans d'absence, Wong Kar-Wai revient avec The Grandmaster, un film de kung-fu, mais pas seulement. Le maître hongkongais fait toujours preuve d'une grande maîtrise formelle, au détriment du scénario.

 

 

Affiche-The-Grandmaster.jpg


 

Chine, 1936. Ip Man, maître légendaire de Wing Chun (un des divers styles de kung-fu) et futur mentor de Bruce Lee, mène une vie prospère à Foshan où il partage son temps entre sa famille et les arts-martiaux. C’est à ce moment que le Grand maître Baosen, à la tête de l’Ordre des Arts Martiaux Chinois, cherche son successeur. Pour sa cérémonie d’adieux, il se rend à Foshan, avec sa fille Gong Er, elle-même maître du style Ba Gua et la seule à connaître la figure mortelle des 64 mains. Lors de cette cérémonie, Ip Man affronte les grand maîtres du Sud et fait alors la connaissance de Gong Er en qui il trouve son égal. Très vite l’admiration laisse place au désir et dévoile une histoire d’amour impossible. Peu de temps après, le Grand maître Baosen est assassiné par l’un de ses disciples, puis, entre 1937 et 1945, l’occupation japonaise plonge le pays dans le chaos. Divisions et complots naissent alors au sein des différentes écoles d’arts martiaux, poussant Ip Man et Gong Er à prendre des décisions qui changeront leur vie à jamais…

 

 

 

 


 

Wong Kar-Wai a connu les honneurs et le succès international au début des années 2000 avec son chef-d'œuvre In the mood for love et sa variation futuriste 2046. Après un film américain plutôt réussi (My blueberry nights) en 2007, le cinéaste a travaillé pendant 6 ans pour finir The Grandmaster. Il s'agit d'une histoire vraie, celle d'un héros populaire en Chine, Ip Man, maître de l'art martial Wing Chun, une forme de kung-fu, et qui fut le maître de Bruce Lee. Plusieurs films ont déjà été réalisés sur cet homme, mythique dans son pays. Wong Kar-Wai a décidé de faire un film de kung-fu mais qui interroge également l'histoire contemporaine de la Chine et offre une histoire d'amour impossible.

 

La scène d'ouverture, un combat sous la pluie, est d'une beauté incroyable (elle a nécéssité un mois de tournage). Tony Leung (qui fait son septième film avec le réalisateur) s'est entraîné durant trois ans pour The Grandmaster. Entre ralentis et accélérés, le cinéaste sublime le combat, dans une lumière irréelle signée Philippe Lesourd, un chef op français. La suite du film est plus difficile à suivre pour les non-initiés. Le scénario est très elliptique et quiconque ne connaît pas parfaitement l'histoire et la vie d'Ip Man sera perdu. Le scénario intéresse moins Wong Kar-Wai que le travail sur l'image et le montage. C'est dommage car le grand formaliste qu'est le cinéaste semble avoir délaissé le romantique qu'il est aussi.

 

Ce qui sous-tend le film est aussi une vision assez patriotique de son propre pays. On observe l'isolement de Hong-Kong, l'invasion japonaise, l'entrée de la Chine dans la modernité, la fierté des traditions chinoises… Il manque au long de The Grandmaster ce qui apparaît dans les dernières minutes : le trouble et la mélancolie entre les personnages incarnés par Tony Leung et Zhang Ziyi. Dans un simple champ / contrechamp, la jeune femme avoue son amour aussi secret qu'impossible à son rival. Naît alors une émotion que l'on aurait voulu ressentir plus tôt. En rendant hommage à Sergio Leone (il utilise une musique de Morricone issue de Il était une fois en Amérique), Wong Kar-Wai aurait pu sous-titrer son film Il était une fois en Chine. The Grandmaster est trop maîtrisé pour émouvoir. Restent de belles images.

 

 

...HB...

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog