Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Premier long-métrage de Ritesh Batra, The Lunchbox a fait sensation à Cannes, au sein de La Semaine de la Critique. Loin de Bollywood, ce film indien séduit par son ton mélancolique et la sobriété de sa mise en scène.

 

 

Affiche-The-lunchbox.jpg


 

Ila, une jeune femme délaissée par son mari, se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie ensuite sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay. Le soir, Ila attend de son mari des compliments qui ne viennent pas. En réalité, la Lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme solitaire, proche de la retraite. Comprenant qu'une erreur de livraison s'est produite, Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l'espoir de percer le mystère.

 

 

 

 


 

Ritesh Batra, dont c'est le premier long après quelques courts-métrages remarqués en festivals, s'est inspiré du phénomène des "Dabbawallahs" à Bombay, sa ville natale. Des entreprises emploient les dabbawallahs (des livreurs de boites connaissant parfaitement la ville) pour livrer des repas du midi préparés par les épouses pour leur mari, afin qu'ils mangent des plats faits maison sur leur lieu de travail. La livraison utilise un système de couleurs quasiment infaillible, à tel point que des chercheurs d'Harvard sont venus observer le phénomène, statuant que seulement un repas sur un million était livré à la mauvaise adresse. C'est de cette exception que le réalisateur a puisé l'idée de son film.

 

Ila (émouvante Nimrat Kaur) cuisine tous les matins avec amour des plats pour les expédier au travail de son mari qui se montre de plus en plus distant. Elle espère atteindre son cœur en séduisant de nouveau son estomac. Mais c'est Saajan (incontournable Irrfan Khan) qui reçoit les petits plats, un veuf introverti à la veille de la retraite. Devant l'indifférence de son mari, elle décide de ne pas prévenir l'entreprise de livraison de son erreur et le lendemain, elle glisse un petit mot pour son nouveau destinataire. Une relation épistolaire va naître entre celle qui rêve d'une autre vie et celui qui craint d'être passé à côté de la sienne. Sans (quasiment) aucune scène en commun, les deux acteurs parviennent, grâce à une mise en scène classique mais subtile, à donner corps à une romance qui, en creux, nous parle de l'Inde d'aujourd'hui. Pays en pleine émergence, l'Inde connaît un essor technologique mais le film nous montre un échange par lettres, sans ordinateur ni portable, comme un vent de nostalgie, à l'image des chansons écoutées par Ila et sa voisine cocasse (dont la voix -off- fournit conseils avisés, côté cuisine ou côté cœur).  

 

La plus grande force du film est de ne pas se plier au modèle convenu du happy ending attendu. Si chacun verra sa vie bouleversée, ce ne sera peut-être pas comme on s'y attendait au départ. Réaliste et mélancolique, The Lunchbox reste un feel good movie mais tient compte des contingences sociales, culturelles et religieuses. Le réalisateur montre un pays en pleine mutation puisqu'Ila va s'affranchir de son statut de femme (cocue) dévouée à son mari. La séquence finale, romantique et mélancolique, dévoile une sensibilité qui nous fera nous intéresser encore au prochain film du prometteur Ritesh Batra.

 

 

...HB...

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog