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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Guillaume Brac dévoile son premier long-métrage, le très attendu Tonnerre, après des courts prometteurs. Vincent Macaigne, égérie de la "nouvelle Nouvelle Vague", est à l'affiche de cette histoire d'amour qui tourne au thriller passionnel.

 

 

Affiche-Tonnerre.jpg


 

Un rocker trop sentimental, une jeune femme indécise, un vieux père fantasque. Dans la petite ville de Tonnerre, les joies de l’amour ne durent qu’un temps. Une disparition aussi soudaine qu’inexpliquée et voici que la passion cède place à l’obsession.

 

 

 

 

 


En 2012, Guillaume Brac voyait deux de ses courts-métrages réunis pour une sortie en salles. Le naufragé précédait l'excellent Un monde sans femmes, déjà portés par Vincent Macaigne (lire l'article du 23 février 2012). Pour son premier long-métrage, forcément attendu par les cinéphiles, le réalisateur a choisi de tourner dans la commune de Tonnerre, en Bourgogne, qui donne son nom au film. Le cinéaste justifie son choix : "Ses vieilles pierres, ses maisons abandonnées, ses réseaux de galeries souterraines, ses rumeurs de messes noires. Cette ville est comme restée figée dans le passé." Le film met en scène un rockeur fauché dont l'album n'a pas marché et qui vient de ressourcer dans sa ville natale, aux côtés de son père (étonnant Bernard Menez, dans un très beau rôle).

 

Guillaume Brac aime les personnages un peu bancals, un peu cassés. Comme dans Un monde sans femmes, il peint une province belle mais un peu terne, où l'on s'ennuie poliment. Fraîchement trentenaire, Maxime (Vincent Macaigne) vient traîner sa mélancolie et essayer d'écrire de nouvelles chansons dans la maison familiale. Petit à petit, le réalisateur montre les premiers pas hésitants d'une rencontre amoureuse avec une jeune femme, apprentie journaliste, de vingt ans. Le cinéma de Guillaume Brac tient essentiellement à de petites choses, une sensibilité ténue et teintée de burlesque. Au milieu du film, la chronique amoureuse prend un virage sec et se tourne vers le polar. Sans abandonner sa jolie galerie de portraits (des habitants de Tonnerre s'improvisent acteurs non-professionnels, notamment une grand-mère avec son fils et ses petites-filles), le réalisateur instille du suspense dans sa romance, sans jamais tomber dans la caricature. Cette grande justesse est la force du film, qui touche en plein cœur avec un dispositif pourtant assez modeste. Le seul bémol est une photo un peu trop proche du documentaire sociétal alors que l'on espérait une recherche plastique. Mais on peut dire sans crainte que Guillaume Brac est désormais partie prenante d'une excellente nouvelle génération de réalisateurs français qui revisitent les genres avec leur propre culture, presque post-moderne.

 

 

...HB...

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