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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Coline Serreau a suivi des stages de récupération de points pour son nouveau documentaire Tout est permis. Un état des lieux de la sécurité routière en France qui donne la parole à tous les avis et, plus largement, le portrait d'une société compétitive et égoïste.

 

 

Affiche-Tout-est-permis.jpg

 


Le permis de conduire à points est instauré depuis plus de 20 ans. Véritables lieux de mixité sociale et culturelle, les stages de récupération de points sont l’occasion pour les auteurs d'infractions d’y exprimer leur révolte mais aussi de se raconter. Les nombreux témoignages et images recueillis par Coline Serreau lors de ces stages, dressent un portrait tragi-comique de notre société où l’individualisme et les petites habitudes de chacun mettent en péril le bonheur de tous. Portrait à charge, mais regard complice, TOUT EST PERMIS est un film réalisé aux quatre coins de l’Hexagone.

 

 

 

 


 

Coline Serreau a commencé par le documentaire avec son premier long-métrage, Mais qu'est-ce qu'elles veulent ? (1975) sur les luttes féministes. Dix ans plus tard, elle connaît un immense succès avec une fiction, Trois hommes et un couffin, film désormais culte. La réalisatrice s'intéresse toujours à des faits sociétaux, en prise avec l'actualité : le couple mixte (Romuald et Juliette, 1989), le chômage (l'excellente comédie La Crise, 1992), la mixité religieuse (Saint Jacques… La Mecque, 2005) ou l'écologie (le docu Solutions locales pour un désordre global, 2010). Après avoir elle-même effectué un stage pour récupérer des points sur son permis de conduire, Coline Serreau a choisi de filmer ces réunions pendant deux ans aux quatre coins de la France. Tout est permis est ingénieusement monté, présentant d'abord les réactions les plus épidermiques ("les radars : pompe à fric") avant d'aller vers la mauvaise foi, puis des nuances et se confronter à la parole de victimes d'accidents de la route.

 

"Je ne téléphone pas au volant, mais je réponds !" s'amuse un participant quand d'autres considèrent que ce sont toujours les autres qui conduisent mal. Les hommes, mais aussi les femmes, moins nombreuses, qui viennent récupérer des points sont globalement d'accord pour dire que l'Etat instaure un nouvel impôt avec les contrôles automobiles (radars et autres) et qu'il est impossible de conduire en France sans perdre de points. Chiffres à l'appui, les responsables d'association et les magistrats nous apprennent que 90% des détenteurs du permis ont toujours au moins 10 points… Le film ne se fait pas trop didactique et expose les faits en multipliant les points de vue (automobilistes, accidentés, ambulanciers, association pro et anti…). Au-delà des considérations sur le permis, c'est sur le "vivre ensemble" que Coline Serreau s'interroge, comme dans son précédent docu sur l'écologie.  "Ce film pose le problème du partage de cet espace commun, du partage en général, du vivre ensemble de la communauté humaine, de l’apprentissage de la citoyenneté" déclare-t-elle. Chacun est renvoyé à son individualisme, à son égoïsme ("quand je suis au volant, la route m'appartient"). On regrette cependant que le dispositif (léger par contrainte, pour se fondre dans les stages) donne un film si peu esthétique et aux cadrages si déplaisants. En dépit d'une image affreuse, Coline Serreau nous parle toujours aussi bien de nos travers. Et c'est universel.

 

 

...HB...

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