Partager l'article ! "Tuer le père", un roman d'Amélie Nothomb: Amélie Nothomb publie un nouveau roman, son livre annuel, en cette rentrée litté ...
Amélie Nothomb publie un nouveau roman, son livre annuel, en cette rentrée littéraire. Tuer le père est encore plus court (149 pages) mais toujours aussi efficace, même si l'on est loin de Stupeur et tremblements ou Hygiène de l'assassin.
Depuis plusieurs années, les romans d'Amélie Nothomb n'ont plus de résumé en quatrième de couverture (elle est si populaire que les lecteurs sont au rendez-vous de toute façon) mais une phrase pour donner le ton. La phrase qui porte Tuer le père est : "Allez savoir ce qui se passe dans la tête d'un joueur". Pour son dix-neuvième roman, la célèbre belge s'est attaquée à la magie dans une histoire située aux USA.
Joe grandit dans la banlieue Reno, dans le Nevada, élevé tant bien que mal par sa mère qui collectionne les amants (aucun ne reste, pour son plus grand malheur) et refuse de révéler à son fils l'identité de son père, information qu'elle ignore peut-être elle-même. Passionné de magie, Joe est un adolescent solitaire. Quand sa mère lui demande de quitter la maison, à 14 ans, parce qu'il dérange son nouveau beau-père, il trouve en Norman, le plus meilleur magicien vivant, un mentor, un professeur. Ce dernier l'accueille chez lui avec sa compagne Christina, "fire dancer". Elève brillant, Joe maîtrise rapidement tous les tours mais veut aussi apprendre la triche, savoir indispensable mais risqué. "Le magie serait le bien et la triche serait le mal. Un vrai magicien n'est pas un tricheur. Le trucage n'est pas la triche" explique la romancière. Norman, lui, définit la magie comme "la déformation de la réalité dans l'intérêt de l'autre afin de provoquer en lui un doute libérateur".
Au fur et à mesure qu'il grandit, Joe affronte Norman, sur tous les plans, puisqu'il veut aller à Las Vegas mais aussi séduire Christina dont il est éperdument amoureux, et plus généralement surpasser son maître. "Tuer le père", en somme. Selon Nothomb, tuer le père, c'est "se libérer de tout ce qui est projeté sur soi, de l'attente paternelle". Avec son nouveau roman, elle aborde de nouveau l'adolescence, l'amour unilatéral, la confiance que l'on trahit et les drogues… Consommatrice de champignons hallucinogènes (mais pas quand elle écrit), Amélie Nothomb fait vivre à son trio une semaine dans un festival (qui existe vraiment) dans le désert, avec transe fusionnelle et prise de LSD. C'est d'ailleurs là que bascule l'histoire.
Comme à son habitude, Amélie Nothomb publie un roman qui plaira à ses lecteurs fidèles mais ne transcendera pas son œuvre. En attendant toujours (et de plus en plus désespérément) un nouveau "grand Nothomb", Tuer le père est un rendez-vous plaisant.
...HB...
toujours aussi confondante !! je vais lire ce roman merci