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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Nicole Garcia est de retour derrière la caméra avec son nouveau film, Un beau dimanche, porté par Louise Bourgoin et son fils, Pierre Rochefort. Un beau film sur l'héritage familial et les blessures intimes qui offre un nouveau portrait masculin, fil rouge de sa filmographie.

 

 

Affiche-Un-beau-dimanche.jpg


 

Baptiste est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste. A la veille d’un week-end, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent. Mathias emmène Baptiste jusqu’à sa mère, Sandra. C’est une belle femme, qui après pas mal d’aventures, travaille sur une plage près de Montpellier. En une journée un charme opère entre eux trois, comme l’ébauche d’une famille pour ceux qui n’en ont pas. Ça ne dure pas. Sandra doit de l’argent, on la menace, elle doit se résoudre à un nouveau départ, une nouvelle fuite. Pour aider Sandra, Baptiste va devoir revenir aux origines de sa vie, à ce qu’il y a en lui de plus douloureux, de plus secret.

 

 

 

 


 

Nicole Garcia n'est pas seulement une actrice passée à la réalisation, elle est devenue au fil des années une réalisatrice incontournable. Un week-end sur deux, Le fils préféré, Selon Charlie ou le plus récent Un balcon sur la mer (lire l'article du 2 janvier 2011) cultivent ce goût commun pour les blessures du passé, la famille et la difficulté de trouver son identité. Nicole Garcia aime filmer les hommes et elle les filme bien. Son fils Pierre Rochefort (dont le sourire rappelle tant celui de son père Jean) trouve ici un premier rôle bouleversant et s'affirme comme une belle révélation.

 

Baptiste est un instituteur itinérant, un remplaçant qui refuse la stabilité professionnelle, et personnelle, comme on le devine. La scène d'ouverture enveloppe de mystère ce personnage de jeune trentenaire apparemment équilibré mais visiblement borderline. Son passé va nous être révélé par petites touches, avec une grande subtilité. Nicole Garcia choisit de ramasser son scénario sur trois jours, un week-end de Pentecôte. Si l'on pense au départ que sa rencontre avec Sandra (Louise Bourgoin) va entraîner le film vers le polar, il n'en est rien. La réalisatrice dresse le portrait de deux jeunes gens "dans la force de l'âge" et qui hésitent entre une stabilité bourgeoise et un désir farouche de liberté. Après un point de bascule, on passe d'une station balnéaire du sud-est à une demeure bourgeoise du sud-ouest, dans la famille de Baptiste. Son refus de l'héritage familial lui a fait prendre un chemin radical et les retrouvailles vont s'avérer forcément douloureuse. Dominique Sanda (absente des écrans français depuis plus de dix ans) est totalement bouleversante en mère prisonnière de son carcan bourgeois mais renversée par la culpabilité et l'émotion.

 

Nicole Garcia, souvent caméra à l'épaule, reste au plus près de ses personnages avec une empathie touchante. La mise en scène est alerte et particulièrement habile, mettant deux mondes en opposition (les deux personnages sont souvent séparés dans le cadre par un grillage, une vitre, une fenêtre…). Pierre Rochefort brille en jeune homme qui se débat face à ses démons mais s'accroche à rester sur le chemin d'une vie meilleure. La réalisatrice signe un tour de force avec ce film à la fois personnel et universel, toujours subtil.

 

 

...HB...

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