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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Roger Michell a posé sa caméra dans la capitale française pour son nouveau film, Un week-end à Paris. Jim Broadbent et Lindsay Duncan forment un couple tragi-comique dans ce film amoureux de la ville et du cinéma.

 

 

Affiche-Un-week-end-a-Paris.jpg


 

Un couple anglais vient à Paris fêter leurs trente ans de mariage. Ils redécouvrent la ville, mais aussi l’humour, la fantaisie, et le plaisir d’être ensemble.

 

 

 

 


 

Roger Michell a connu son plus grand succès au box-office avec Coup de foudre à Notting Hill (1999). Depuis, il a tourné des films plus confidentiels, renouant avec un certain succès grâce à Morning Glory (lire l'article du 12 avril 2011) et dans une moindre mesure avec le décevant Week-end royal (lire l'article du 1 mars 2013). Ce nouveau film, intitulé Le week-end en VO, marque les retrouvailles avec l'écrivain et scénariste anglais Hanif Kureishi (auteur de My beautiful laundrette de Stephen Frears et d'Intimité merveilleusement adapté par Patrice Chéreau). Nick (Jim Broadbent, toujours génial) et Meg (Lindsay Duncan, excellente) fêtent leur trente ans de mariage à Paris, là où on devine qu'ils ont séjourné pour leur lune de miel. Mais le temps a passé, la flamme s'est étiolée et même l'hôtel de leur jeunesse paraît défraîchi. Entre déambulations nocturnes et règlements de compte parfois cruels, ils s'aiment dans la capitale mais s'interrogent pourtant sur ce qui reste à partager dans le temps qu'il leur reste.

 

A l'orée de la vieillesse, les époux se posent des questions. Il est angoissé, a peur pour l'argent et ressasse des vieilles chansons de Bob Dylan en regardant des films de Godard, période Nouvelle Vague (de nombreuses citations cinéphiles à Bande à part et on pense aussi au Mépris). Elle rêve de repartir de zéro et ne supporte plus les complaintes de son compagnon, alors qu'elle ne désire que l'insouciance maintenant que leur fils est grand (mais pas sorti d'affaire puisqu'il compte revenir chez ses parents avec femme et enfant au grand dam de sa mère). La première demi-heure du film est une comédie acide et cruelle où les deux inséparables s'envoient des piques acerbes, notamment sur leur physique et l'absence de vie sexuelle. Fan de Beckett, Nick fait penser au Woody Allen de Annie Hall et de ses comédies douces-amères des années 70, et pas seulement parce que Lindsay Duncan a des faux airs troublants de Diane Keaton. "Impossible d'aimer une personne sans la haïr" assène-t-il, comme un résumé de sa pensée (et de leur relation), lui qui enseigna la philosophie.

 

Le film se perd un peu dans sa dernière partie, notamment avec un long passage dans une soirée organisée par un ami Américain (Jeff Goldblum) retrouvé par hasard, installé en France et d'une vanité telle qu'il n'aime rien tant que s'écouter parler. En dépit de ses longueurs, le film est agréable, sur des airs de jazz, dans un Paris désuet et qui finit par ressembler aux films de Godard qu'ils aiment tant. D'ailleurs, le plan final reprend la chorégraphie d'Anna Karina, Samy Frey et Claude Brasseur dans Bande à part. Un peu fabriqué, donc, mais non dénué de charme.

 

 

...HB...

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