Partager l'article ! "Une nuit", un film de Philippe Lefebvre: Après Le siffleur, l'acteur et réalisateur Philippe Lefebvre passe derrière la cam ...
Après Le siffleur, l'acteur et réalisateur Philippe Lefebvre passe derrière la caméra une deuxième fois pour son nouveau film, Une nuit. Polar sombre dans les rues de Paris, ce film est une bonne surprise et offre à Roschdy Zem un de ses meilleurs rôles.
Paris. Simon Weiss, commandant à la Brigade Mondaine, entreprend, comme chaque soir, sa tournée des établissements de nuit. Son métier. Une nuit, mais pas comme les autres… Très vite Weiss comprend qu’on veut le piéger. Pris en tenaille entre la police des polices et les voyous, Weiss va se défendre, affronter flics, hommes d’affaires et malfrats...
Depuis quelques années, le polar français est en mutation. Après avoir connu la grandeur dans les années 1960 et
1970, notamment grâce à Jean-Pierre Melville et Henri Verneuil, le genre s'était autocaricaturé au milieu des années 1980 pour ne devenir qu'un pâle alignement de séries B sans beaucoup
d'intérêt. Au début des années 2000, Olivier Marchal rebat les cartes avec son 36, Quai des orfèvres qui connaît un succès retentissant. Il crée aussi le série Braquo pour Canal
+ (où on retrouve Sophie Broustal et Samule Le Bihan ici présents) et dans son sillon arrivent de nouveaux films plus sombres, plus crasseux, habités par une atmosphère où flics et voyous se
ressemblent de plus en plus. Mais chez Melville, les flics ont les mains libres. Ici, Simon Weiss (Roschdy Zem, impeccable) est surveillé par l'IGS, la police des polices. Simon trempe dans des
trafics et des arrangements avec des voyous dont certains sont même ses amis. C'est une certaine police, vouée à disparaître et qui a d'ailleurs fait la Une des journaux en 2011 avec notamment
l'affaire Michel Neyret.
Accompagnée pour une nuit par Sara Forestier, une collègue nouvelle génération, plus réservée et qui ne compte pas
faire du copinage avec les malfrats, Roschdy Zem parcourt tous les quartiers de Paris, des plus chics au plus interlopes, pour comprendre qui est en train de le piéger et pourquoi. Le
coscénariste Philippe Isard explique : "Il faut bien voir que Weiss ne réclame pas d'argent, mais qu'il accepte -parfois- qu'on lui en donne. C'est tout à fait différent car c'est en demandant du
fric qu'on se condamne". Le réalisateur capte bien l'atmosphère pluvieuse et alcoolisée des nuits parisiennes, qu'il s'agisse de "bars à hôtesses", de clubs à partouze, de boîtes de nuits, de
bars plus traditionnels, de repères de junkies ou de réseaux de prostitution… Tous ces lieux où les gens un peu connus ne veulent pas être vus, ce qui est pourtant le métier de Weiss. Laurence
(Sara Forestier, excellente dans un registre inhabituel) observe Weiss ; elle est en quelque sorte la représentante des spectateurs non initiés au milieu de la nuit. Weiss voit arriver sa perte
par à ses fréquentations, ses amitiés douteuses et son histoire est celle -classique- du flic borderline en proie à la fatigue et à la trahison. L'originalité de ce polar est de ne pas tomber
dans les bastons habituelles ; aucun coup de feu n'est tiré pendant cette nuit.
Construit en va-et-vient et en répétitions, Une nuit captive pendant plus d'une heure et demie par ses
dialogues, sa mise en scène précise et sa photo, très travaillée. Le final est surprenant mais présente le défaut de casser le rythme et la lumière du film. Philippe Lefebvre réussit un polar
intense et urbain.
...HB...
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