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Une vie meilleure, le nouveau film de Cédric Kahn, donne la tendance des films de ce début d'année, dominés par le thème de la crise et de ses conséquences humaines. Le réalisateur semble perdu dans un sujet auquel il ne donne pas vraiment de perspective et qu'il aborde avec trop de simplisme.
Yann et Nadia, amoureux, se lancent dans un projet de restaurant au bord d'un lac. Leur rêve d'entrepreneur se brise rapidement. Nadia, contrainte d'accepter un travail à l'étranger, confie provisoirement son fils à Yann. Elle disparaît...
Guillaume Canet et Leïla Bekhti, une affiche alléchante. Et pourtant Cédric Kahn confirme les déceptions engendrées lors de ces précédentes réalisations, comme Les regrets (lire l'article du 26 août 2009). Les premières séquences laissent présager le pire. Yann (Guillaume Canet) et Nadia (Leïla Bekhti, que l'on a connu plus inspirée) se rencontrent, flirtent, font l'amour, s'installent avec le jeune fils de Nadia, achètent une maison à rénover dans les Yvelines et décident de montrer leur restaurant. Tout cela est montré dans des ellipses reliées par des fondus enchaînés maladroits. Le film se redresse tout de même au bout de la première demi-heure. Tous les rêves s'effondrent lorsque les experts interdisent l'ouverture du restaurant à cause des normes de sécurité non respectées.
Nadia finit par accepter une proposition de travail au Canada, laissant Yann à ses dettes et avec son fils qu'elle ne peut pas encore accueillir. Rapidement et mystérieusement, elle ne donne plus aucune nouvelle. Le thème de la disparition d'un parent (déjà le mois dernier dans Des vents contraires de Jalil Lespert - lire l'article du 26 décembre 2011) est familier du cinéma de Kahn, mais en plus de bonheur dans Feux rouges en 2004 ou un peu moins de réussite dans le trop candide conte L'avion en 2005. Ici, rien ne semble vraiment pris en charge. Cette disparition est finalement acceptée sans plus d'enquête. Cette jeune femme si protectrice avec son fils l'abandonne sans ciller et les rapports avec Yann n'ont aucune cohérence.
Véritable sujet du film, la crise s'invite à grands coups de crédits revolving, de banquiers et de créanciers intraitables et de marchands de sommeil sans scrupule. Malheureusement, Kahn ne s'engouffre pas dans une brèche à la Ken Loach ; il ne s'indigne pas, ne dénonce pas vraiment mais donne à voir les conséquences du surendettement et de la paupérisation éclair d'un homme qui pourtant se démène pour s'en sortir. Loin des espoirs suscités à ses débuts comme descendant de Pialat (avec Kechiche), Cédric Kahn se contente d'être un faiseur certes appliqué mais sans personnalité.
...HB...
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