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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Juan Solanas est un réalisateur argentin aux commandes d'un film franco-canadien, Upside Down. Huit ans après Nordeste, le cinéaste change de registre et s'essaie à la science-fiction. Un principe audacieux mais sabordé par un scénario improbable.

 

 

Affiche-Upside-down.jpg


 

Dans un univers extraordinaire vit un jeune homme ordinaire, Adam, qui tente de joindre les deux bouts dans un monde détruit par la guerre. Tout en luttant pour avancer dans la vie, il est hanté par le souvenir d’une belle jeune fille venant d’un monde d’abondance : Eden. Dans cet univers, son monde se trouve juste au-dessus de celui d’Adam - si près que lorsqu’il regarde vers le ciel, il peut voir ses villes étincelantes et ses champs fleuris. Mais cette proximité est trompeuse : l’entrée dans son monde est strictement interdite et la gravité de la planète d’Eden rend toute tentative extrêmement périlleuse.

 

 

 

 


 

En 2003, Juan Solanas, jeune photographe argentin, faisait sensation avec un court-métrage, L'homme sans tête, récompensé à Cannes et aux César. Deux ans plus tard, il réalisait son premier long-métrage, le très beau Nordeste, avec Carole Bouquet. Il lui a fallu huit ans pour revenir à la réalisation et mettre sur pied le projet Upside Down, sous l'impulsion du producteur français Dimitri Rassam.

 

La difficulté du film était de construire deux mondes parallèles et symétriques, celui d'En Haut et celui d'En Bas. L'argument de Upside Down est intéressant, Adam (Jim Sturgess) et Eden (Kirsten Dunst) tombent amoureux alors qu'ils n'ont pas le droit de communiquer. Il vit dans le monde délabré d'En Bas et elle vit dans l'opulence d'En Haut. Jeune scientifique sur le point de mettre au point une crème anti-âge miracle, Adam va tenter de contredire les lois de la gravité pour retrouver sa belle, devenue amnésique suite à un accident. Autant dire que ce n'est pas dans le scénario, un peu bêta, que l'on cherche l'intérêt du film. Mais la création de ces deux mondes était l'occasion pour Juan Solanas de faire de la pure mise en scène. On a vu les exemples récents (et réussis) de Cloud Atlas (lire l'article du 19 mars 2013) et Oblivion (lire l'article du 13 avril 2013).

 

Le film réussit parfois à faire émerger de belles trouvailles, comme les bureaux en open-space disposés en miroir, et qui montrent autant la ressemblance des deux mondes que leurs différences sociales. Le problème est le traitement des extérieurs. Juan Solanas filme des paysages surchargés, dégoulinants de couleurs et de symboles, jusqu'à la nausée. Upside Down ne traite correctement aucun de ses sujets : l'amour y est fade, le propos politique est étouffé dans l'œuf bien-pensant et les motifs de la science-fiction sont bêtement appliqués. Enfin, la musique, omniprésent, donne la désagréable impression de visionner un long clip de près de deux heures. C'est dommage car la France a trop peu l'occasion de briller dans l'univers de la SF et c'était l'occasion d'une exception.

 

 

...HB...

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