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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Anne Villacèque signe Week-ends, son troisième long-métrage, avec un casting imparable. Karin Viard, Noémie Lvovsky, Ulrich Tukur et Jacques Gamblin sont au cœur de cette chronique de la crise de la cinquantaine.

 

 

Affiche-Week-ends.jpg


 

Un rien suffit parfois à gâcher un week-end à la campagne. Un simple malentendu sur un parking de supermarché, un mauvais réflexe, et voilà que tout se détraque. Rien ne va plus pour Christine. Jean la quitte. Ses amis de toujours, Sylvette et Ulrich, sont un peu moins ses amis. Tout fout le camp. Mais la vie est toujours pleine de surprises. Amours et désamours dans la vie de deux couples, le temps des week-ends.

 

 

 

 


 

Après deux longs-métrages passés relativement inaperçus (Petite chérie en 2000 et Riviera en 2006) ainsi qu'un téléfilm (E-love, en 2011) pour Arte, Anne Villacèque revient avec Week-ends, une chronique douce-amère sur le temps qui passe, le couple et l'amitié. Le film, guidé par une (audacieuse) voix off que l'on jurerait sortie de chez François Truffaut, se déroule, avec de nombreuses ellipses, sur quelques années qui vont voir un couple se déliter (et se reformer ?), redistribuant les cartes au sein d'un groupe d'amis. Le peur de la solitude et l'angoisse du temps qui passe sont abordés avec subtilité.

 

Karin Viard et Noémie Lvovsky font partie des actrices les plus inspirantes de leur génération. Week-ends offre un quatuor alléchant (comme celui de Bach qui ponctue le film) : deux couples amis depuis plus de trente ans et aux maisons de campagne voisines dans un village de Normandie. Les femmes ensemble et les hommes entre eux semblent définir leur relation. Ils semblent en tout cas se connaître depuis toujours. Mais Jean (Jacques Gamblin) ne va pas bien et un grain de sable s'insinue dans l'engrenage des habitudes. Avec un humour parfois grinçant et une belle justesse d'observation, la réalisatrice confronte un couple qui s'aime encore, ou qui imite ce bonheur, et un couple qui explose, après l'usure du temps.

 

Karin Viard excelle en quadra (presque quinqua) maniaco-dépressive, se sentant agressée de toutes parts et qui mélange souvent rires et larmes, quand Noémie Lvovsky amène toute sa complexité de jeu en incarnant une femme sur qui le temps semble glisser, dans une routine aussi confortable que terrifiante. Avec Ulrich Tukur, elle forme un couple qui ne se parle plus beaucoup mais qui fait bonne figure, entre de bonnes bouffes et une tendresse qui a remplacé le désir. Jacques Gamblin (qui offre une crise d'angoisse aussi inattendue que déroutante) est le pivot de cette histoire à la fois banale et passionnante. Le film est souvent surprenant, n'hésitant pas à pencher vers une inquiétante étrangeté (la scène inaugurale du parking, la scène de plage), et réussit à évoquer cette solitude avec beaucoup d'intelligence.

 

 

...HB...

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