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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Précédé d'une odeur de soufre, Welcome to New York, réalisé par Abel Ferrara, n'a pas pris le chemin des salles obscures, distribué en vidéo à la demande. Si la reconstitution de l'affaire DSK est ennuyeuse, la réflexion sur les conséquences intimes est intéressante.

 

 

Affiche-Welcome-to-NY.jpg


 

Devereaux est un homme puissant. Un homme qui manipule au quotidien des milliards de dollars. Un homme qui contrôle la destinée économique des nations. Un homme gouverné par un irrépressible et vorace appétit sexuel. Un homme qui rêve de sauver le monde et qui ne peut se sauver lui-même. Un homme terrifié. Un homme perdu. Regardez-le tomber.

 

 

 


 

L'affaire DSK a tellement défrayé la chronique depuis mai 2011 qu'il n'y a rien à ajouter. Abel Ferrara, cinéaste provocateur, a rapidement annoncé son intention de porter cette saga judiciaire à l'écran avec Gérard Depardieu et Isabelle Adjani, finalement remplacée par Jacqueline Bisset. Difficile de faire un film sur une affaire qui aura été tant commentée et qui aura même (peut-être) changé la destinée politique de la France. Abel Ferrara, dont les derniers films n'ont pas rencontré le succès (4h44 - dernier jour sur Terre, lire l'article du 19 décembre 2012), s'est attaqué au projet.

 

Une étrange séquence ouvre le film, montrant une interview de Gérard Depardieu déclarant qu'il n'aime pas DSK et que c'est pour ça qu'il a accepté de faire le film. Le ton est donné, Ferrara réalise autant sa propre évocation de l'affaire que le portrait en creux d'un homme en pleine descente aux enfers publique. Qui d'autre que le Gégé national, dont les frasques de ces dernières années ont remplacé, médiatiquement, les traces de l'immense acteur qu'il fut ? La première heure du film est laborieuse et relativement ennuyeuse. Ferrara reconstitue ce qui a déjà été tellement commenté (l'addiction sexuelle d'un homme de pouvoir et l'affaire du Sofitel) et vu dans tous les médias (arrestation, procès…). Nul besoin de revenir sur  les sordides détails de cette affaire politico-médiatique. Mais, en revanche, la seconde partie se révèle plus intéressante, parce que totalement fictionnelle. Ferrara filme l'intimité d'un couple ravagé par une affaire dont il ne peut se relever. Le cinéaste prend ses libertés sur la réalité puisque nul ne sait ce qui s'est passé dans l'intimité du couple DSK-Sinclair. Certains (dont les intéressés) crient au "dégoût" et à la "diffamation". C'est normal.

 

"Qu'ils aillent tous se faire enculer !" éructe Depardieu, regard caméra, aux trois quarts du film. Qui parle ? L'acteur ou le personnage ? Abel Ferrara offre le Gégé sous toutes les coutures, et pas les plus complaisantes. La caméra capte un corps nu, obèse, celui de tous les excès (de bouffe, de boisson) et de toutes les addictions. Dans cette seconde partie, les personnages s'éloignent de DSK et Anne Sinclair pour mettre à nu deux êtres seuls et malheureux, rongés par le goût du pouvoir pour l'une et du sexe morbide pour l'autre. On peut être dérangé par certains aspects de cette relecture, notamment un doute déplacé sur l'origine de la fortune de l'épouse et sur le passé de sa famille. Mais le réalisateur se moque bien des convenances depuis longtemps et signe un film bancal mais non dénué d'intérêt.

 

 

...HB...

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