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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Quentin Dupieux annonçait un film "sale, bête et simple" pour son nouveau long-métrage, Wrong cops, basé sur un personnage secondaire du précédent, Wrong. Le résultat est un délire hilarant, jouissif et crasseux sur la bêtise d'un groupe de flics à Los Angeles.

 

 

Affiche-Wrong-cops.jpg


 

Los Angeles 2014. Duke, un flic pourri et mélomane, deale de l’herbe et terrorise les passants. Ses collègues au commissariat : un obsédé sexuel, une flic maître chanteur, un chercheur de trésor au passé douteux, un borgne difforme se rêvant star de techno… Leur système fait de petites combines et de jeux d’influence se dérègle lorsque la dernière victime de Duke, un voisin laissé pour mort dans son coffre, se réveille.

 

 

 

 


 

Avant la sortie de l'excellent Wrong (lire l'article du 15 septembre 2012), Quentin Dupieux avait présenté son court-métrage Wrong cops au Festival de Cannes. C'est sur le tournage de Wrong que lui est venue l'idée de faire un spin off avec le personnage du flic grossier incarné par Mark Burnham : "Il était tellement bon sur le tournage que j'en voulais encore (…) pour aller plus loin avec lui dans le monde du connard" déclare le cinéaste. Dupieux a donc décidé d'écrire et de tourner rapidement Wrong cops, version longue cette fois, avec d'autres personnages de flics complètement barrés dans un Los Angeles crasseux. "Ce n'est pas une parodie de film Z, c'est un film Z, écrit vite, tourné vite avec une caméra pourrie" prévient-il.

 

Sur des musiques empruntées à sa désormais longue discographie sous le pseudo de Mr Oizo, Quentin Dupieux met en scène des policiers corrompus qui terrorisent leurs administrés et se comportent plus vulgairement que les malfrats. Son film ne se veut pas une critique de la police, encore moins une chronique sociétale, mais simplement un délire déviant, où le surréalisme devient réalisme, comme dans ses précédentes réalisations, avec cette légère influence lynchéenne déjà visible dans Wrong. On retrouve d'ailleurs Marilyn Manson au générique dans le rôle d'un ado (oui, oui) renfermé et aussi dérangeant que dérangé. Dans un geste radical, Dupieux ne fait rien pour se rendre aimable, ni même paraître plus intelligent que ses personnages crétins. Le premier degré régressif est de mise.

 

Les tares des différents collègues entraînent des situations désopilantes : le flic pervers obsédé par les gros seins, la fliquette au look de garce bimbo et redoutable maître-chanteur, le flic père de famille qui cache son passé d'acteur de porno gay… Si Mark Burnham, le "connard" originel, se taille la part du lion, les autres personnages ne sont pas en reste, y compris Eric Judor en flic borgne et difforme persuadé d'avoir écrit le prochain tube techno. Quentin Dupieux ne vise pas haut avec Wrong cops et c'est ce qui en fait la force. Au-delà de la blague potache, le film crée, à la manière du cinéma de David Lynch, une étrangeté qui devient angoissante en dépit de l'humour et de la dérision. Enfin, on n'est pas près d'oublier la séquence finale, une espèce de cocktail en plein cimetière juste après l'enterrement d'un collègue qui conjugue une réelle angoisse existentielle (le discours enfin intelligent -car il est défoncé- et les cris de Mark Burnham) et un délire total incluant à la fois un fantasme néo-beauf et une lecture crypto-gay du monde de la police.  

 

 

...HB...

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